Pourquoi voyager ?

Le 8 janvier dernier, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai réservé un aller-retour pour Los Angeles… pour un départ 10 jours plus tard. Le 8 janvier dernier j’ai recommencé à vivre. Pourquoi voyager fait du bien et à quoi ça sert ?

On a parfois l’impression de patiner un peu dans la vie, d’être coincé au point mort, de brasser de l’air, de pédaler dans la semoule. Bref, on n’avance pas, les échecs s’enchaînent et l’herbe si verte du voisin nous fait baver d’envie. Alors au lieu de se morfondre et de rester chaque matin dépité devant sa propre situation, il est parfois bon de s’évader un peu. Et avant toute chose : OUI, on peut le faire ! Même sans emploi, même sans grande préparation, même sans raison précise ! C’est justement tout l’intérêt.

J’ai l’impression de vivre dans un jeu de plateau : on lance les dés, on avance de deux cases, on tire une carte chance. Parfois avec un peu de stratégie on a plus de chances de gagner. Mais en fin de compte, on reste à tourner en rond sur ce fichu plateau en deux dimensions, représenté par un pion – c’est dire tout le sens que cela véhicule, à attendre le tour des autres. J’ai décidé de ne pas passer mon tour. J’ai décidé de ne pas lancer les dés, mais plutôt de balancer le plateau !

Il faut donc trouver un “ailleurs”, un “autre chose” à sa vie. C’est propre à chacun : apprendre quelque chose de nouveau, se lancer un défi, se prouver quelque chose. Mais surtout, c’est pour soi. Et personne d’autre. Pas la famille, pas les amis, pas le travail, juste soi. La démarche prend du temps, parce qu’on s’est souvent un peu oublié.

Personnellement, j’aime voyager. J’aime avoir à me prendre la tête pour acheter une bouteille de lait parce que je ne comprends rien à la langue, j’aime  m’extasier devant de rayon surgelés d’un supermarché, j’aime ce sentiment de grande fierté quand je commence à me repérer dans une nouvelle ville, j’aime m’étonner des sirènes des pompiers, toujours différentes d’un pays à l’autre et j’aime entendre parler autre chose que le français dans les rues.

J’ai aussi toujours eu beaucoup d’admiration pour mes amis d’école qui partaient vivre une année à l’autre bout du monde. Je ne pensais pas en être capable. Faire un si long voyage, prendre tant de risques, cela ne me semblait pas à ma portée. Un manque de confiance en soi probablement.

Et puis un beau jour j’en ai eu marre. Marre d’être coincée. Marre d’envier les autres. Marre de résumer ma vie au mot “chômage”. Marre de rester plantée là à regarder le monde tourner. J’ai compris que ce n’est pas la confiance en soi qui fait voyager, mais le voyage qui donne cette confiance. J’ai donc décidé de bouger, de bousculer mon train-train, de voir ailleurs.

J’ai pensé au début que ce serait le voyage qui me ferait changer. Qu’un halo de lumière divine apparaîtrait au décollage de l’avion et que je serais une nouvelle personne. Un peu comme pour un Nouvel An: on y croit, mais finalement, entre 23h59 et 00h01, rien n’a changé, si ce n’est la date ! Hé bien pas du tout ! Je suis redevenue moi-même le lendemain de la réservation de mon billet. J’avais de nouveau un but, une échéance, un événement dans mon calendrier, des choses à préparer, un compte à rebours qui s’était lancé.

Et ça fait du BIEN !

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